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Expressions · 8 œuvres

水滴石穿, la goutte d’eau perce la pierre

Une goutte ne fait rien ; des milliers de gouttes, tombées au même endroit, creusent le rocher. 水滴石穿, shuǐ dī shí chuān, est le proverbe chinois de la patience obstinée, celle qui vient à bout de tout.

Le proverbe

Shuǐ dī shí chuān : troisième ton, premier, deuxième, premier. Le sens est transparent : la goutte d’eau finit par percer la pierre. Avec du temps et de la constance, une force minime vient à bout de la plus dure résistance. Les formes traditionnelle et simplifiée sont identiques.

C’est un proverbe : on ne lui connaît pas d’auteur à citer avec certitude. L’image est d’ailleurs universelle. Le latin la connaît, gutta cavat lapidem, « la goutte creuse la pierre », que l’on lit chez Ovide ; le français dit « goutte à goutte, l’eau creuse la pierre ». Le chinois, lui, choisit un verbe plus fort : la goutte ne creuse pas seulement, elle traverse.

Mot à mot

  • 水 shuǐ (4 traits) : l’eau. Voir 水, l’eau.
  • 滴 dī (14 traits) : la goutte, goutter. À gauche, la clé de l’eau 氵.
  • 石 shí (5 traits) : la pierre. C’est lui-même une clé du dictionnaire.
  • 穿 chuān (9 traits) : percer, traverser. En haut, la clé de la grotte 穴.

Littéralement : « eau goutte, pierre percée ». L’eau apparaît deux fois : en toutes lettres avec 水, et comme clé dans 滴. La pierre, au contraire, n’est nommée qu’une fois, au milieu, comme prise entre l’eau qui tombe et le trou qu’elle finit par creuser.

Ce qu’il veut dire aujourd’hui

Le proverbe encourage ceux qui avancent lentement : apprendre une langue, préparer un concours, écrire un livre, guérir. Il ne promet pas de résultat rapide ; il promet un résultat. On l’offre à quelqu’un qui doute de ses progrès, ou l’on se l’offre à soi-même pour tenir. On en fait parfois une lecture plus sombre : les petites négligences, répétées, finissent elles aussi par creuser. Mais sur un mur, c’est l’encouragement que l’on retient.

Il a de proches cousins dans le rayon : 細水長流, la constance du mince ruisseau, et 天道酬勤, l’effort récompensé. Pour la patience elle-même, voir le caractère 忍, la patience, et pour la lenteur assumée, le proverbe ne crains pas d’avancer lentement.

Il fait aussi écho à Lao-tseu, pour qui rien n’est plus souple que l’eau, et rien ne la surpasse pour attaquer ce qui est dur : voir 柔能克剛, la souplesse vient à bout de la dureté.

Styles

  • Rouleau : les quatre caractères en une colonne, de haut en bas, sur un panneau de papier monté dans une soie unie.
  • Montagnes et lune : le proverbe dans un paysage à l’encre en plans dégradés, montagnes et eaux, sous un disque de lune ou de soleil. L’eau et la roche du proverbe y trouvent leur décor.
  • Sceau : grand cachet rouge, caractères en réserve (白文) ou en rouge dans un cadre (朱文), lu de droite à gauche.

Les tracés suivent le style régulier, kaishu 楷書 ; ce sont des dessins calculés par des programmes écrits pour l’atelier, imprimés à la demande.

Où l’accrocher

Au-dessus d’un bureau d’étudiant, d’une table de travail, d’un établi. Dans une salle de sport ou de rééducation, la phrase prend un sens très concret. En format portrait 2:3, par exemple 40×60 cm, le rouleau s’adapte à un pan de mur étroit.

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Questions fréquentes

Que signifie 水滴石穿 ?

« La goutte d’eau finit par percer la pierre » : la persévérance vient à bout de tout.

Est-ce une citation de Confucius ?

Non, c’est un proverbe. La même image existe en latin, chez Ovide : gutta cavat lapidem.

Comment prononcer 水滴石穿 ?

Shuǐ dī shí chuān.

Existe-t-il une forme simplifiée différente ?

Non, les quatre caractères sont identiques en traditionnel et en simplifié.