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Caractères · 11 œuvres

悟, le caractère chinois de l’éveil

Comprendre d’un coup, voir soudain ce qui était sous nos yeux : c’est ce que dit 悟. Le mot appartient à la langue de tous les jours, mais le bouddhisme Chan, d’où vient le zen, en a fait le nom de l’éveil.

悟 : comprendre d’un coup

悟 se prononce wù, au quatrième ton, une voix qui tombe. Il signifie comprendre, saisir, prendre conscience, et plus précisément cette compréhension qui arrive d’un seul coup, quand une idée longtemps cherchée se met en place. Le français familier dirait « avoir un déclic ». Dans le vocabulaire bouddhique, il désigne l’éveil spirituel, le moment où l’on voit les choses telles qu’elles sont.

Le japonais emploie ce même caractère pour le mot satori, que les lecteurs français connaissent par le zen : c’est la même idée, lue autrement.

悟 s’écrit de la même façon en traditionnel et en simplifié.

Le cœur à gauche

Le caractère compte 10 traits. À gauche, en trois traits, on reconnaît la clé du cœur dans sa forme verticale, 忄, celle que prend 心, le cœur quand il se place sur le côté. À droite, en sept traits, une partie qui indique la prononciation et qui, seule, signifie « je, moi » dans la langue classique. Sans tirer de conclusion trop belle de cette rencontre, on peut au moins retenir ceci : l’éveil, en chinois, s’écrit avec le cœur, qui désigne aussi l’esprit.

On écrit la clé d’abord, puis la partie droite, de haut en bas. La planche Ordre des traits montre les dix étapes ; notre guide de l’ordre des traits en explique la logique. Le cœur figure aussi, posé à plat, dans 忍, la patience.

Dans le bouddhisme Chan et au-delà

  • Le Chan : c’est l’école bouddhique de méditation née en Chine, devenue le zen au Japon (voir 禪, le Chan). La tradition associe à Huineng, son sixième patriarche, l’idée d’un éveil subit, qui ne s’obtient pas par accumulation mais se produit d’un coup.
  • Un mot courant : 開悟, kāi wù, « ouvrir l’éveil », se dit de celui qui atteint cette compréhension.
  • Un héros de roman : le Roi des singes de la Pérégrination vers l’Ouest, grand roman de l’époque Ming, s’appelle 悟空, wù kōng, nom que l’on traduit par « éveillé à la vacuité ». Ce nom lui est donné par son premier maître : derrière le singe facétieux, il y a une histoire d’éveil.
  • Dans la pensée chinoise en général : la compréhension soudaine rejoint la Voie, 道, que l’on ne saisit pas par les mots, et 智, la sagesse.

Les tableaux 悟 et où les accrocher

Quatre styles existent pour ce caractère. En Encre, il est posé seul sur papier de riz, avec le sceau rouge 吉祥 : le contraste entre la clé du cœur, verticale et légère, et la partie droite, plus construite, donne au caractère un mouvement de gauche à droite, comme une pensée qui s’ouvre. En Traits, les dix aplats sur la grille d’écolier en font une affiche plus graphique. La planche Ordre des traits et le Sceau rouge complètent la série.

Sa place est dans un lieu calme : un coin lecture, un espace de méditation ou de yoga, un bureau où l’on réfléchit plus qu’on ne s’agite (tableaux pour le bureau). Dans un format carré, au-dessus d’un coussin ou d’un tapis, il suffit à lui seul.

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Questions fréquentes

Que signifie le caractère chinois 悟 ?

Comprendre soudain, prendre conscience ; dans le bouddhisme, l’éveil. Il se lit wù, au quatrième ton.

悟 et satori, est-ce la même chose ?

C’est le même caractère : le chinois le lit wù, le japonais satori. Les deux désignent l’éveil, en particulier dans le bouddhisme Chan et zen.

Que veut dire le nom Wukong ?

Le Roi des singes de la Pérégrination vers l’Ouest s’appelle 悟空, wù kōng, nom que l’on traduit par « éveillé à la vacuité ».

Quelle différence entre 悟 et 禪 ?

禪 (chán) nomme l’école de méditation d’où vient le zen ; 悟 nomme ce qu’elle cherche : l’éveil.