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Sagesse · 4 œuvres

學而不思則罔,思而不學則殆 : apprendre sans réfléchir est vain

« Apprendre sans réfléchir est vain ; réfléchir sans apprendre est périlleux. » Cette citation de Confucius, construite comme un miroir, tient en douze caractères. Elle dit qu’aucune des deux activités ne suffit sans l’autre.

La phrase et sa source

學而不思則罔,思而不學則殆 (xué ér bù sī zé wǎng, sī ér bù xué zé dài) : « Apprendre sans réfléchir est vain ; réfléchir sans apprendre est périlleux. »

La phrase se lit dans les Entretiens de Confucius (Lunyu), livre II, section 15. Elle forme à elle seule une section entière, introduite par la formule habituelle « Le Maître dit ».

Ce qui l’entoure

Le livre II, intitulé « Wei Zheng », contient plusieurs sentences sur l’étude. Quatre sections plus tôt, Confucius dit que celui qui revisite l’ancien et y découvre du nouveau peut enseigner (voir 溫故而知新). Deux sections plus loin, il s’adresse à son disciple Zilu : savoir qu’on sait ce qu’on sait, et savoir qu’on ne sait pas ce qu’on ne sait pas, voilà le savoir. Ensemble, ces passages décrivent une étude lucide, qui connaît ses limites.

Confucius revient sur l’équilibre de notre phrase au livre XV, sous forme de souvenir personnel : il a passé, dit-il, un jour entier sans manger et une nuit entière sans dormir pour réfléchir, sans en tirer aucun profit ; mieux valait étudier. La réflexion seule l’avait mené dans une impasse.

Mot à mot

La phrase n’emploie que sept caractères différents.

  • 學 xué (16 traits) : apprendre, étudier ; forme simplifiée 学.
  • 而 ér (6 traits) : « et », « mais » ; relie deux verbes.
  • 不 bù (4 traits) : ne… pas.
  • 思 sī (9 traits) : réfléchir, penser ; on y voit en bas le cœur 心, siège de la pensée dans la langue classique.
  • 則 zé (9 traits) : « alors », « dans ce cas » ; forme simplifiée 则.
  • 罔 wǎng (8 traits) : égaré, dans le vague ; ce qu’on a appris reste confus.
  • 殆 dài (9 traits) : en danger, périlleux ; certains commentateurs y lisent plutôt l’incertitude ou l’épuisement.

La construction est un chiasme parfait : 學 … 思 dans la première moitié, 思 … 學 dans la seconde, avec la même charpente 而不 … 則 au milieu. Hormis cet échange, seul le dernier caractère diffère, et c’est lui qui porte le jugement : 罔 pour l’étude sans pensée, 殆 pour la pensée sans étude. En graphie simplifiée : 学而不思则罔,思而不学则殆.

Ce qu’elle veut dire aujourd’hui

La première moitié vise celui qui accumule : il retient des faits, des formules, des citations, mais sans les rapporter à rien ; son savoir reste flou et ne lui sert pas. La seconde vise l’inverse : celui qui raisonne sans s’appuyer sur ce que d’autres ont établi, et qui risque de bâtir sur du vide. Confucius ne choisit pas entre les deux : il les tient ensemble.

C’est une phrase pour les étudiants, les enseignants, les chercheurs, et pour tous ceux qui se forment seuls à l’heure où l’information abonde. Elle va bien dans un bureau ou une bibliothèque. Le texte chinois des Entretiens est consultable sur le Chinese Text Project (nouvel onglet) et notre guide Confucius et les Entretiens le présente. Sur la connaissance de soi, voyez aussi 知人者智,自知者明, et pour le caractère du cœur et de l’esprit, 心.

Le rouleau

Sur le rouleau, les deux moitiés occupent deux colonnes de six caractères. La colonne de droite, 學而不思則罔, se lit d’abord, de haut en bas ; puis celle de gauche, 思而不學則殆. Côte à côte, le chiasme devient visible : 而, 不 et 則 se retrouvent à la même hauteur dans les deux colonnes, tandis que 學 et 思 échangent leurs places.

Les caractères sont tracés en style régulier (kaishu), graphie traditionnelle, par des programmes écrits pour l’atelier qui imitent le bord d’encre et le « blanc volant » du pinceau. Le panneau de papier est monté dans une soie unie.

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Questions fréquentes

Où trouve-t-on « Apprendre sans réfléchir est vain » ?

Dans les Entretiens de Confucius, livre II, section 15 : 學而不思則罔,思而不學則殆.

Que veulent dire 罔 et 殆 ?

罔 (wǎng) : égaré, confus ; 殆 (dài) : périlleux. Certains commentateurs comprennent 殆 comme l’incertitude ou l’épuisement.

Confucius préfère-t-il l’étude à la réflexion ?

Il les tient ensemble. Au livre XV, il raconte toutefois avoir réfléchi un jour et une nuit sans profit, et conclut qu’il valait mieux étudier.

Comment se lit le rouleau ?

La colonne de droite d’abord (學而不思則罔), de haut en bas, puis celle de gauche (思而不學則殆).