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Sagesse · 4 œuvres

己所不欲,勿施於人 : ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse

« Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse » : la plus universelle des citations de Confucius tient en huit caractères. Elle répond, dans les Entretiens, à une question simple d’un disciple : existe-t-il un seul mot pour guider toute une vie ?

La phrase et sa source

己所不欲,勿施於人 (jǐ suǒ bù yù, wù shī yú rén) : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. » Plus près du chinois : « Ce que soi-même on ne désire pas, ne l’impose pas aux autres. »

La phrase se lit dans les Entretiens de Confucius (Lunyu), livre XV, section 24 ; selon les éditions, cette section porte le numéro 23 ou 24. Le livre XV est intitulé « Wei Ling Gong », d’après le nom d’un duc de l’État de Wei qui apparaît dans sa première section : comme les autres livres des Entretiens, il tire son titre de ses premiers mots.

Le dialogue

Le passage est un échange très bref. Zigong, l’un des disciples les plus présents dans le livre, demande s’il existe un mot unique que l’on puisse mettre en pratique toute sa vie. Le Maître répond : « Ne serait-ce pas shù, la réciprocité ? Ce que tu ne désires pas pour toi-même, ne l’impose pas aux autres. »

Le mot shù désigne la capacité de se mettre à la place d’autrui, de mesurer ce qu’on lui fait à ce qu’on accepterait pour soi. Notre phrase en est la définition concrète.

La même phrase, ailleurs dans le livre

La formule revient au livre XII, section 2. Un autre disciple, Zhonggong, interroge Confucius sur la vertu d’humanité, la qualité qui fait l’homme accompli. La réponse commence par l’attitude : en sortant de chez soi, se tenir comme si l’on recevait un hôte de marque ; employer le peuple comme si l’on célébrait un grand sacrifice. Puis vient : ce que tu ne désires pas pour toi-même, ne l’impose pas aux autres. Le passage ajoute qu’on ne suscitera alors aucun ressentiment, ni dans l’État ni dans sa famille.

Mot à mot

  • 己 jǐ (3 traits) : soi, soi-même.
  • 所 suǒ (8 traits) : « ce que », pronom qui annonce l’objet du verbe.
  • 不 bù (4 traits) : ne… pas.
  • 欲 yù (11 traits) : vouloir, désirer.
  • 勿 wù (4 traits) : ne… pas, négation de la défense (« ne fais pas »).
  • 施 shī (9 traits) : appliquer, faire subir, imposer.
  • 於 yú (8 traits) : à, envers ; forme simplifiée 于.
  • 人 rén (2 traits) : l’autre, autrui.

Le chinois emploie deux négations différentes : 不 constate (« ce qu’on ne désire pas »), 勿 interdit (« ne l’impose pas »). La première moitié pose l’objet, la seconde donne la règle. En graphie simplifiée : 己所不欲,勿施于人.

Ce qu’elle veut dire aujourd’hui

On reconnaît ici ce que la philosophie morale appelle la « règle d’or », que bien des traditions formulent à leur manière. La version de Confucius est négative : elle ne dit pas « fais aux autres ce que tu voudrais qu’on te fasse », mais « ne leur fais pas ce que tu refuses pour toi ». C’est une règle modeste et praticable : elle ne demande pas de deviner les désirs des autres, seulement de ne pas leur infliger ce qu’on sait pénible.

Elle convient à un lieu de vie commune, à une salle de classe, à un bureau où l’on travaille en équipe. Le texte chinois des Entretiens est disponible sur le Chinese Text Project (nouvel onglet), et notre guide Confucius et les Entretiens présente le livre, ses disciples et ses mots clés. Sur l’art d’apprendre des autres, voyez aussi 三人行必有我師焉 ; sur la confiance entre les personnes, le caractère 信.

Le rouleau

Sur le rouleau, la phrase se répartit en deux colonnes de quatre caractères. On lit d’abord la colonne de droite, 己所不欲, de haut en bas, puis celle de gauche, 勿施於人 : l’ordre de lecture suit exactement celui de la pensée, le constat puis la règle. Les caractères sont tracés en style régulier (kaishu), graphie traditionnelle, par des programmes écrits pour l’atelier qui en imitent le pinceau, sur un panneau de papier monté dans une soie unie. Accroché dans une entrée ou un bureau, il se lit d’un coup d’œil chaque jour.

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Questions fréquentes

Qui a dit « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse » ?

En Chine, Confucius, dans les Entretiens, livre XV, section 24 (23 selon certaines éditions) : 己所不欲,勿施於人. La phrase revient aussi au livre XII, section 2.

À quelle question répond Confucius ?

Son disciple Zigong lui demande s’il existe un seul mot à pratiquer toute sa vie. Confucius répond : la réciprocité, puis donne cette phrase.

Est-ce la règle d’or ?

Oui, dans sa forme négative : ne pas faire aux autres ce qu’on refuse pour soi.

Comment se lit le rouleau ?

Colonne de droite d’abord (己所不欲), de haut en bas, puis colonne de gauche (勿施於人).