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Expressions · 8 œuvres

海納百川, la mer accueille cent rivières

La mer ne choisit pas ses rivières : elle les reçoit toutes, et c’est pour cela qu’elle est immense. 海納百川, hǎi nà bǎi chuān, est l’image chinoise de l’ouverture d’esprit, que l’on associe au haut fonctionnaire Lin Zexu.

La source

海納百川 se prononce hǎi nà bǎi chuān. Ces quatre caractères ouvrent un distique attribué à Lin Zexu (1785-1850), haut fonctionnaire de la dynastie Qing, lettré et administrateur réputé pour son intégrité. La suite immédiate dit : 海納百川,有容乃大, « la mer accueille cent rivières : qui sait accueillir devient grand ». Cette phrase a sa propre page dans le rayon sagesse : qui sait accueillir devient grand.

L’image elle-même est bien plus ancienne. Le Tao-tö-king explique déjà, au chapitre 66, que fleuves et mers règnent sur les cent vallées parce qu’ils savent se tenir plus bas qu’elles. Lin Zexu a donné à l’idée une forme brève, en quatre caractères, que la mémoire collective lui rattache.

En simplifié : 海纳百川, seul 納 devient 纳.

Mot à mot

  • 海 hǎi (10 traits) : la mer. À gauche, la clé de l’eau 氵.
  • 納 nà (10 traits) : recevoir, accueillir, admettre. À gauche, la clé de la soie 糸.
  • 百 bǎi (6 traits) : cent ; et, comme souvent en chinois, « un grand nombre, tous ».
  • 川 chuān (3 traits) : la rivière, le cours d’eau. Ses trois traits verticaux sont l’image ancienne d’une eau qui coule.

Littéralement : « la mer reçoit cent rivières ». « Cent » ne compte pas : il dit la multitude, toutes les rivières, grandes et petites, claires ou boueuses. Deux caractères disent l’eau, 海 et 川, aux deux bouts de l’expression, et 納, au milieu, fait le lien entre elles.

Ce qu’elle veut dire aujourd’hui

La maxime fait l’éloge de la largeur d’esprit : accueillir des idées différentes, des personnes venues d’ailleurs, des critiques même. On l’accroche dans des bureaux de direction, des écoles, des maisons où l’on reçoit beaucoup. Elle ne prêche pas la confusion : la mer reste la mer. Elle dit qu’une grandeur véritable se nourrit de ce qu’elle reçoit, au lieu de s’en protéger. Pour une famille recomposée, une équipe aux profils variés, une association qui accueille des nouveaux venus, la formule dit en quatre caractères ce que de longs discours peinent à formuler.

Elle répond à 厚德載物, la vertu qui porte toute chose, et à 海闊天空, autre image de mer et de ciel sans limite. Pour l’eau qui se tient en bas et profite à tout, voir 上善若水.

Les styles

  • Rouleau : les quatre caractères en une colonne, sur un panneau de papier monté dans une soie unie, à lire de haut en bas.
  • Montagnes et lune : la maxime en colonne dans un paysage à l’encre en plans dégradés, montagnes et eaux, sous un disque de lune ou de soleil.
  • Sceau : grand cachet rouge, en réserve (白文) ou en rouge dans un cadre (朱文), lu de droite à gauche, colonne par colonne.

Le guide de la calligraphie chinoise explique ce que l’on regarde dans une colonne de caractères : l’équilibre, le rythme des pleins et des vides, la continuité du geste.

Où l’accrocher

Dans une salle de réunion ou un bureau, la maxime rappelle à chacun d’écouter. Dans un salon où se croisent famille et amis, un grand tableau en version Montagnes et lune donne au mur l’ampleur que la phrase réclame. En toile sur châssis aux bords en miroir, l’image se prolonge sur la tranche.

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Questions fréquentes

Qui a dit 海納百川 ?

La formule est attribuée à Lin Zexu (1785-1850), haut fonctionnaire de la dynastie Qing, dans un distique qui se poursuit par 有容乃大.

Que signifie 海納百川 ?

« La mer accueille cent rivières » : qui sait accueillir devient grand.

Comment prononcer 海納百川 ?

Hǎi nà bǎi chuān.

Pourquoi « cent » rivières ?

En chinois, cent dit souvent la multitude : toutes les rivières, sans exception.