Caractères · 11 œuvres
禪 : du chan chinois au zen japonais
Le mot « zen » nous vient du Japon, mais le caractère qui l’écrit est chinois, et l’idée qu’il porte vient de plus loin encore, de l’Inde. 禪, lu chán en mandarin, désigne la méditation et l’école bouddhique qui en a fait le cœur de sa pratique. Voici son histoire, son tracé, et les tableaux que l’atelier en tire.
11 œuvres
Zen à l'encre, papier xuan
dès 59 €
Zen à l'encre, encre d’or
dès 59 €
Zen à l'encre, laque rouge
dès 49 €
Zen à l'encre, riz gris
dès 59 €
Zen en aplats, pivoine
dès 59 €
Zen en aplats, porcelaine bleue
dès 49 €
Zen en aplats, laque rouge
dès 59 €
Zen et son ordre des traits, sable ocre
dès 59 €
Zen et son ordre des traits, thé vert
dès 59 €
Zen en sceau, thé vert
dès 59 €
Zen en sceau, indigo
dès 49 €
Un mot venu de l’Inde
禪 se prononce chán, au deuxième ton, montant. Il désigne la méditation, au sens bouddhique d’un recueillement profond de l’esprit. Le mot n’est pas chinois d’origine : lorsque les traducteurs des textes bouddhiques ont rencontré le terme sanskrit dhyāna, « méditation, absorption », ils l’ont transcrit par deux syllabes chinoises, bientôt abrégées en une seule, chán.
Le même caractère s’est ensuite prononcé différemment selon les pays où le bouddhisme l’a porté : seon en Corée, thiền au Viêt Nam, et zen au Japon. Le zen, c’est donc le chan, lu à la japonaise.
En chinois simplifié, on écrit 禅, forme que le japonais utilise aussi aujourd’hui. Nos tableaux suivent la graphie traditionnelle 禪, celle de la calligraphie classique.
L’école du Chan
En Chine, 禪 a donné son nom à une école du bouddhisme qui place la méditation et l’expérience directe au-dessus de l’étude des textes. La tradition de l’école la fait remonter à Bodhidharma, moine venu de l’Inde vers le Ve ou le VIe siècle, figure en grande partie légendaire. Son essor historique date de la dynastie Tang, avec Huineng (638-713), que l’école tient pour son sixième patriarche et dont l’enseignement insiste sur l’éveil soudain, celui que dit le caractère 悟, l’éveil.
Le Chan se reconnaît à quelques traits : la méditation assise, les échanges déroutants entre maître et disciple (les kōans, selon le mot japonais), la méfiance envers les discours, et l’idée d’une transmission « d’esprit à esprit », hors des écritures. Le caractère 心, l’esprit, y tient une place centrale.
Au Japon, l’école s’implante à l’époque de Kamakura : le moine Eisai revient de Chine en 1191 avec l’enseignement de la branche Rinzai, Dōgen en 1227 avec celle de Sōtō. Le zen japonais y développera une esthétique propre, que l’on associe volontiers aux jardins secs et à la cérémonie du thé.
Le zen au sens courant
En français, « zen » a pris le sens familier de « calme, détendu ». Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas ce que dit 禪 : le caractère nomme une pratique et une école, pas un état d’humeur. Pour la tranquillité au sens général, le chinois emploie 靜, le calme, et pour le fait de se défaire de ce qui encombre, l’expression 放下, lâcher prise. Choisir 禪 pour un tableau, c’est donc évoquer la méditation elle-même, et ses racines bouddhiques.
Le tracé de 禪
禪 compte 16 traits. À gauche, la clé 礻, forme réduite de 示, celle des rites et du sacré, sous laquelle les dictionnaires le rangent ; à droite, un ensemble dense, construit de haut en bas, qui en donne la prononciation. La forme simplifiée allège surtout cette partie droite. La planche d’ordre des traits détaille les seize étapes, et notre guide de la calligraphie chinoise en présente les styles et les gestes.
Accrocher 禪 chez soi
Quatre styles sont proposés. L’Encre est le plus fidèle à l’esprit du mot : un seul caractère sur une grande surface de papier de riz, beaucoup de vide autour, le sceau rouge 吉祥 en contrepoint. Les Traits donnent une version graphique et colorée sur la grille d’écolier 米字格 ; l’Ordre des traits montre la construction ; le Sceau en fait un cachet carré, rouge sur blanc ou blanc sur rouge.
Ce sont des dessins calculés par des programmes écrits pour l’atelier, dont le rendu imite le pinceau, imprimés à la demande.
Pour un coin de méditation ou de yoga, une chambre épurée ou un bureau où l’on aime travailler au calme, 禪 en grand format portrait trouve naturellement sa place.
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Questions fréquentes
Comment écrit-on zen en chinois ?
禪 en caractères traditionnels, 禅 en simplifié (et en japonais moderne). En mandarin, il se lit chán ; zen est sa lecture japonaise.
Le zen est-il chinois ou japonais ?
Les deux : l’école est née en Chine sous le nom de Chan, puis s’est implantée au Japon à partir de la fin du XIIe siècle, où elle a pris le nom de zen.
禪 veut-il dire calme ?
Pas exactement. 禪 désigne la méditation et l’école du Chan. Pour dire le calme, on emploie plutôt 靜 (jìng).
D’où vient le mot chán ?
C’est l’abrégé d’une transcription chinoise du sanskrit dhyāna, la méditation.


