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Sagesse · 4 œuvres

千里之行,始於足下 : un voyage de mille lieues commence par un pas

« Un voyage de mille lieues commence par un pas » : cette citation de Lao-tseu vient du chapitre 64 du Tao-tö-king. Lue dans son passage, elle parle moins d’audace que de prévoyance. Voici le texte chinois exact, son contexte, le mot à mot et la façon de la lire sur un rouleau.

La phrase et sa source

千里之行,始於足下 (qiān lǐ zhī xíng, shǐ yú zú xià) : « Un voyage de mille lieues commence par un pas ». Plus littéralement : « une marche de mille li commence sous le pied ».

La phrase se trouve au chapitre 64 du Tao-tö-king (Daodejing), le livre attribué à Lao-tseu (Laozi). La tradition fait de Lao-tseu un aîné de Confucius ; l’existence historique du personnage reste discutée, et le texte que nous lisons s’est fixé au fil d’une longue transmission. Il compte quatre-vingt-un chapitres courts, souvent rythmés comme des poèmes.

Ce que dit le chapitre autour

Le chapitre 64 est une leçon sur les commencements. Il s’ouvre sur une série d’observations : ce qui est encore calme se maintient facilement ; ce qui n’a pas encore donné de signe se prévient sans peine ; le fragile se brise, le menu se disperse. Conclusion : il faut agir avant que la chose n’existe, mettre en ordre avant que le désordre ne naisse.

Viennent alors trois images en gradation. L’arbre qu’on embrasse à peine de ses deux bras est né d’une pousse fine comme la pointe d’un poil ; la terrasse à neuf étages s’élève d’un tas de terre ; et le voyage de mille li commence sous le pied. La suite revient au paradoxe propre au livre : qui force les choses les gâte, qui veut les saisir les perd. Le chapitre remarque enfin que l’on échoue souvent au moment même de réussir, et conseille d’être aussi attentif à la fin qu’au commencement.

La phrase célèbre n’est donc pas d’abord un encouragement à se lancer : elle rappelle que tout ce qui est grand a été petit, et que c’est au départ, quand tout est encore léger, qu’on oriente le mieux les choses.

Mot à mot

  • 千 qiān (3 traits) : mille.
  • 里 lǐ (7 traits) : le li, ancienne mesure chinoise de distance, dont la valeur a varié selon les époques ; le mot désigne aussi le village.
  • 之 zhī (3 traits) : particule qui relie le complément au nom, comme notre « de ».
  • 行 xíng (6 traits) : marcher, la marche, le voyage.
  • 始 shǐ (8 traits) : commencer.
  • 於 yú (8 traits) : préposition, « à, depuis » ; forme simplifiée 于.
  • 足 zú (7 traits) : le pied.
  • 下 xià (3 traits) : sous, le dessous.

Les quatre premiers caractères forment le sujet (« la marche de mille li »), les quatre suivants ce qu’on en dit (« commence sous le pied »). 足下 désigne l’endroit où l’on pose le pied, c’est-à-dire le point exact où l’on se tient. Dans les lettres classiques, ces deux caractères servaient aussi de formule de politesse pour s’adresser à quelqu’un, mais ce n’est pas leur sens ici. En graphie simplifiée, la phrase s’écrit 千里之行始于足下 : seul 於 change.

« Mille lieues » est l’équivalent français consacré : la lieue remplace le li pour dire une très longue route.

Ce qu’elle veut dire aujourd’hui

On cite la phrase pour encourager quelqu’un à commencer : reprendre des études, écrire un livre, préparer un long voyage, se remettre au sport. C’est juste, et c’est déjà beaucoup. Mais le chapitre ajoute deux nuances qui la rendent plus précieuse. D’abord, le premier pas n’est pas un saut héroïque : c’est un geste modeste, à portée de pied. Ensuite, la marche ne s’arrête pas au départ ; la même page met en garde contre l’abandon au dernier moment.

Pour la lire dans le texte intégral, le Chinese Text Project (nouvel onglet) donne le chinois du Tao-tö-king chapitre par chapitre. Notre guide Lao-tseu et le Tao-tö-king présente le livre, et la page du caractère 道, la Voie en éclaire le mot central. Sur la même idée de persévérance, voyez 不怕慢只怕站, ne crains pas d’avancer lentement et 水滴石穿, la goutte d’eau perce la pierre.

Le rouleau : lecture et accrochage

Sur le rouleau de l’atelier, la phrase tient en deux colonnes de quatre caractères, sur un panneau de papier monté dans une soie unie. On commence par la colonne de droite, 千里之行, lue de haut en bas, puis on passe à celle de gauche, 始於足下. Les caractères suivent le style régulier (kaishu), en graphie traditionnelle ; le dessin, calculé par des programmes écrits pour l’atelier, imite le pinceau jusqu’au « blanc volant » qui éclaircit la fin des traits.

Où l’accrocher ? Dans un bureau, face à la table où l’on commence ses journées, ou dans une entrée, là où l’on part et d’où l’on revient. C’est aussi un cadeau naturel pour quelqu’un qui se lance.

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Questions fréquentes

Qui a dit « Un voyage de mille lieues commence par un pas » ?

La phrase vient du Tao-tö-king, chapitre 64, le livre attribué à Lao-tseu. En chinois : 千里之行,始於足下.

Que signifie 足下 dans la citation ?

Littéralement « sous le pied » : le voyage commence à l’endroit où l’on pose le pied, au tout premier pas.

Pourquoi parle-t-on de « mille lieues » ?

Le texte chinois dit mille li, une ancienne mesure de distance. La traduction française reprend l’image des lieues pour dire une très longue route.

Dans quel sens se lit le rouleau ?

De haut en bas, en commençant par la colonne de droite (千里之行), puis celle de gauche (始於足下).