Aller au contenu

Expressions · 8 œuvres

自強不息, se fortifier sans relâche

Le Ciel ne s’arrête jamais de tourner ; l’homme de bien, à son image, ne cesse jamais de se fortifier. 自強不息, zì qiáng bù xī, vient du Yi King et dit cette énergie tranquille et continue.

La source : l’hexagramme Qian

自強不息 se prononce zì qiáng bù xī. Ces quatre caractères terminent une phrase du Yi King, le Classique des changements : le grand commentaire, dit de la « grande image », de l’hexagramme Qian, le premier des soixante-quatre, celui du Ciel. La phrase entière est 天行健,君子以自強不息, « le Ciel se meut avec force ; l’homme de bien se fortifie sans relâche ». Elle a sa page dans le rayon sagesse : le Ciel se meut avec force.

Ces commentaires appartiennent aux « Dix Ailes », que la tradition attribue à Confucius ; Ouyang Xiu en doutait déjà au XIe siècle, et les historiens y voient des textes plus tardifs, d’auteurs inconnus.

En simplifié : 自强不息, seul 強 change de forme.

Mot à mot

  • 自 zì (6 traits) : soi-même, par soi-même.
  • 強 qiáng (11 traits) : fort, et ici « rendre fort, fortifier ». À gauche, la clé de l’arc 弓.
  • 不 bù (4 traits) : ne… pas.
  • 息 xī (10 traits) : cesser, se reposer ; aussi le souffle. On y voit 自 posé sur 心, le cœur.

Littéralement : « se fortifier soi-même, ne pas s’arrêter ». Joli détail : 自 ouvre l’expression et revient en haut du dernier caractère.

Le « soi-même » est important. La maxime ne parle pas d’une force reçue, mais d’une force que l’on se donne, jour après jour, par l’effort et l’étude. C’est ce qui la distingue d’un simple éloge de la puissance.

La paire Ciel et Terre

Le commentaire de l’hexagramme suivant, Kun, celui de la Terre, donne la maxime jumelle : 厚德載物, une vertu profonde porte toute chose. Le Ciel est force et mouvement, la Terre est accueil et générosité. Les deux formules réunies constituent depuis le début du XXe siècle la devise de l’université Tsinghua, à Pékin, et on les calligraphie souvent en paire.

Ce qu’elle veut dire aujourd’hui

自強不息 n’est pas un appel à la performance. Il dit la constance : se tenir debout par ses propres forces, continuer quand d’autres s’arrêtent, sans attendre que le salut vienne d’ailleurs. On l’offre à un étudiant, à quelqu’un qui se relève d’une épreuve, à un sportif. On la choisit aussi pour soi, au début d’un projet difficile, comme un rappel que la force se construit chaque jour, sans emphase. Il s’accorde avec 天道酬勤, le Ciel récompense l’effort et avec les caractères 勇, le courage ou 力, la force.

Rouleau, paysage, sceau

  • Rouleau : une colonne de quatre caractères sur un panneau de papier monté dans une soie unie, lue de haut en bas.
  • Montagnes et lune : la maxime en colonne devant des montagnes à l’encre en plans dégradés, sous un disque de soleil ou de lune. Le Ciel, sujet de la phrase, y prend toute sa place.
  • Sceau : grand cachet rouge, lu de droite à gauche et colonne par colonne. Voir le guide du sceau chinois.

Les tracés, calculés par des programmes écrits pour l’atelier, suivent le style régulier kaishu 楷書 en graphie traditionnelle.

Où l’accrocher

Dans un bureau, en face de la table de travail ; dans une salle de sport ou un dojo ; dans une chambre d’adolescent. Accroché à côté d’un 厚德載物 de même format, il forme une paire équilibrée, la force à côté de la largeur.

Pour aller plus loin

À lire

Tous les guides

Questions fréquentes

D’où vient 自強不息 ?

Du Yi King : c’est la fin du grand commentaire de l’hexagramme Qian, « le Ciel se meut avec force ; l’homme de bien se fortifie sans relâche ».

Comment prononcer 自強不息 ?

Zì qiáng bù xī.

Comment l’écrit-on en simplifié ?

自强不息 : seul 強 devient 强.

Avec quelle maxime l’associe-t-on ?

Avec 厚德載物, tirée du commentaire de l’hexagramme Kun : les deux forment la devise de l’université Tsinghua.