Sagesse · 4 œuvres
三人行,必有我師焉 : à trois, j’ai toujours un maître
« Quand nous marchons à trois, j’ai forcément un maître parmi les deux autres. » Cette citation de Confucius est une leçon d’humilité, mais aussi de méthode : sa seconde moitié, souvent oubliée, dit comment apprendre des bons comme des mauvais exemples.
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La phrase et sa source
三人行,必有我師焉 (sān rén xíng, bì yǒu wǒ shī yān) : « Quand nous marchons à trois, j’ai forcément un maître parmi les deux autres. »
La phrase vient des Entretiens de Confucius (Lunyu), livre VII, section 22 (21 dans certaines éditions). Elle est rarement citée en entier. La suite immédiate dit : « Je choisis ce qu’ils ont de bon pour le suivre, et ce qu’ils ont de mauvais pour m’en corriger. » Le maître n’est donc pas forcément une personne admirable : c’est quiconque nous apprend quelque chose, y compris par contraste.
Un livre où Confucius parle de lui-même
Le livre VII, intitulé « Shu Er » d’après ses premiers mots, rassemble beaucoup de passages où Confucius se décrit comme un élève plus que comme un sage. Il s’ouvre sur une formule célèbre : il transmet, il n’invente pas, et il aime l’Antiquité. Un peu plus loin, le Maître affirme qu’il n’est pas né avec le savoir : il aime les Anciens et met de l’ardeur à les étudier. Notre phrase s’inscrit dans ce portrait. Celui que la tradition chinoise vénérera comme le maître par excellence se présente comme quelqu’un qui apprend sans cesse, de tous ceux qu’il croise.
Mot à mot
- 三 sān (3 traits) : trois.
- 人 rén (2 traits) : personne, homme.
- 行 xíng (6 traits) : marcher, aller ensemble.
- 必 bì (5 traits) : forcément, nécessairement.
- 有 yǒu (6 traits) : il y a, avoir.
- 我 wǒ (7 traits) : je, moi ; ici « mon ».
- 師 shī (10 traits) : maître, celui qui enseigne ; forme simplifiée 师.
- 焉 yān (11 traits) : particule finale, « là, parmi eux ».
Les trois premiers caractères posent la situation (« trois personnes marchent »), les cinq suivants la conclusion. 焉 n’a pas d’équivalent direct en français : il renvoie au groupe dont on vient de parler, « parmi eux ». Le compte se fait avec soi : trois marcheurs, c’est moi et deux autres. En graphie simplifiée, la phrase s’écrit 三人行必有我师焉.
Ce qu’elle veut dire aujourd’hui
La phrase sert souvent à rappeler qu’on peut apprendre de tout le monde, quel que soit son rang ou son âge : un collègue débutant, un enfant, un inconnu croisé en voyage. C’est vrai, et c’est le premier sens. La seconde moitié en ajoute un autre, plus exigeant : même ce qui nous déplaît chez les autres est une leçon, à condition de se demander si l’on n’a pas le même défaut.
Elle convient aux métiers de la transmission, aux enseignants, aux formateurs, aux équipes : c’est un cadeau de fin d’année scolaire ou de départ d’un collègue qui ne flatte personne et dit beaucoup. Le texte chinois complet des Entretiens est consultable sur le Chinese Text Project (nouvel onglet), et notre guide Confucius et les Entretiens en donne les clés. Sur l’étude, voyez aussi 溫故而知新, revisiter l’ancien et 學而不思則罔 ; et pour un proverbe voisin, souvent attribué à tort à Confucius, 授人以魚不如授人以漁.
Le rouleau
Sur le rouleau, la phrase est écrite en deux colonnes inégales, comme le texte lui-même : à droite, 三人行, trois caractères, qu’on lit en premier de haut en bas ; à gauche, 必有我師焉, cinq caractères. Ce déséquilibre fait partie de la beauté de la page : une courte mise en situation, puis la longue conclusion.
Les caractères suivent le style régulier (kaishu), en graphie traditionnelle, et sont dessinés par des programmes écrits pour l’atelier, dont le rendu imite le pinceau. Le panneau de papier est monté dans une soie unie. Il se prête bien à un bureau, une salle de formation ou une bibliothèque.
Pour aller plus loin
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Questions fréquentes
Où se trouve la citation « Quand nous marchons à trois, j’ai forcément un maître » ?
Dans les Entretiens de Confucius, livre VII, section 22 (21 selon certaines éditions) : 三人行,必有我師焉.
Quelle est la suite de la phrase ?
« Je choisis ce qu’ils ont de bon pour le suivre, et ce qu’ils ont de mauvais pour m’en corriger. »
Pourquoi « parmi les deux autres » ?
Parce que Confucius se compte parmi les trois marcheurs : il reste deux compagnons, dont l’un au moins lui apprendra quelque chose.
Que signifie 焉 à la fin de la phrase ?
C’est une particule finale qui renvoie au groupe : « parmi eux ».


